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10 avril 2014

Alessandro Baricco dépeint la ferveur adolescente, entre sexe & transcendance


Souvent, quand on ne connaît pas un écrivain, l’attitude logique est d’aller vers son best-seller et puis de lire ses autres livres – éventuellement, si on a aimé. Avec Alessandro Baricco, j’ai dérogé à cette habitude qui est aussi la mienne et alors que l’intrigue de « Soie » me tentait a priori bien davantage que celle de son dernier livre, c’est pourtant par celui-ci que j’ai abordé l’auteur.

Les critiques lors de sa sortie en grand format chez Gallimard m’avaient intéressée, mais il est impossible d’acheter ou d’emprunter tous les livres tentants d’une rentrée littéraire. Bref, lorsque j’ai aperçu la couverture en Folio, j’ai réalisé que mon intérêt pour ce petit livre était intact – et je l’ai lu.
Le mot qui m’est venu tout de suite est celui qui a été également utilisé par nombre de critiques : troublant. 

Pour commencer, il faut prendre le risque d’un tel titre : « Emmaüs ». Je crois que c’est ce qui m’a beaucoup intriguée. Lorsqu’on appelle une petite fille Fleur, il vaut mieux qu’elle soit ravissante.
Lorsqu’on donne un nom aussi chargé à un livre, lorsqu’on fait allusion à un passage de la Bible pour raconter sa petite histoire d’écrivain, le résultat doit être à la hauteur. Et c’est le cas, l’auteur n’a même pas à forcer l’admiration, le récit est implacablement bien mené – et implacable tout court.
 
Voilà quatre jeunes gens, des catholiques de la bourgeoisie italienne voire des ultras (l’un d’eux est surnommé le Saint…) qui sont fascinés par une jeune fille – la même, bien entendu. Elle est belle, riche. Andre est trop belle et trop riche, et eux sont perpétuellement coupables. Culpabilisés par leur éducation stricte et religieuse, par la morale catholique. Terriblement sérieux, obsédés par leur foi. Andre, c’est la liberté : «Cela lui est égal de se faire photographier, cela lui est égal qu'un jour ce soient les pères, le lendemain les fils, tout semble lui être égal. Chaque matin, de nouveau, elle n'appartient à personne
C’est la transgression incarnée : une sorcière, en somme, attirée par l’abîme et qui les y attire. Une tentatrice biblique, qui participe de l'aspect mythique du livre : l'absence de véritables repères chronologiques et temporels renforce sa dimension intemporelle.
L'adolescence est toujours, par certains aspects du moins, tragique.

Sans trop en dire, je ne saurais donc que conseiller ces 170 pages… avant d’ouvrir « Soie ».

8 commentaires :

  1. Whaou super revue, je viens de le commander du coup! Merci

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    1. Merci :) Tu reviendras me dire ce que tu en as pensé ? :)

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  2. Très joli compte rendu, qui attise l'envie de lire ce livre !

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  3. Ayant déjà lu "Soie" il y a longtemps, tu ne fais que me confirmer qu'il faut absolument que je lise celui-ci!

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  4. Je ne connais absolument pas cet auteur et encore moins ce livre !
    Tu me donne vraiment beaucoup envie de me jeter à l'eau et de le lire ! Si je le trouve en librairie près de chez moi j'irais l'acheter !

    Tendresse et baisers sucrés
    http://berengereinwonderland.blogspot.fr/

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    1. Merci merci merci, et reviens donner ton avis si tu le trouves (ce qui ne devrait pas être difficile :))

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