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27 novembre 2013

Rentrée littéraire 2013 #7 : Philippe Jaenada, Sulak


Pour ce dernier billet consacré à la rentrée littéraire, j’ai décidé de revenir sur une lecture en suspens – chose qui ne m’arrive normalement pas.
 
Philippe Jaenada est un auteur dont les pages littéraires de mes quotidiens et magazines me disaient du bien depuis des années, mais malgré mon intérêt pour « La femme et l’ours », l’envie de le lire ne s’est finalement concrétisée que cette année, alors que sortait « Sulak ».
 
Que nous dit le site de l’éditeur ? « Il était jeune, il était beau, (il sentait bon le sable chaud ?) il s'appelait Bruno Sulak, et fut, au début des années 80, l'homme le plus recherché de France. Gentleman braqueur, il défraya la chronique judiciaire et séduisit tous ceux qui l'approchèrent, jusqu'au célèbre policier qui mit fin à cinq années de cavale effrénée. De sa vie tourmentée, Philippe Jaenada a fait un roman biographique captivant. »

Captivant, captivant… Personnellement je n’ai pas été captivée.
D’abord très enthousiaste, passionnée par le côté roman historique du livre, au décor très bien planté, sociologiquement irréprochable, visiblement ultradocumenté, j’ai aussi découvert avec amusement le style de l’auteur. Celui-ci pratique une distanciation régulière avec son texte : parenthèses d’humeur, paragraphes idoines dans lesquels il indique au lecteur ses conditions d’écriture, etc.

Mais peu à peu, un certain ennui m’a saisie. Et un certain agacement, aussi.
L’ennui, d’abord. L’ennui parce que Sulak, s’il est intéressant, n’est pas le Comte de Monte-Cristo. Il reste un criminel plus vrai que vrai, et s’attarder à chaque braquage sur les préparatifs m’a assez ennuyée, j’avais une impression bizarre d’un mélange entre des archives de police et un traité de criminologie, et le moins que l’on puisse dire c’est que la répétition des infractions du susnommé ne me bouleversait pas.
Ennui donc, mais agacement aussi. Agacement pour la tendresse de Jaenada à l’égard de Sulak. Je vais tenter de m’expliquer. Le romancier nous explique, par exemple, comme Sulak serait une sorte d'aristo de la pègre : pas de bavure, pas de sang, quasiment un Gandhi du crime... En a-t-il discuté avec les clients des divers supermarchés ou boutiques braqués par Sulak ? Comment ont-ils vécu l’annonce du braquage, la peur de la mort au moment d’acheter leurs conserves de petits pois ? Ont-ils des séquelles psychologiques ? Certaines complaisances m’ont gênée. Pourquoi ? Justement à cause de ce style de Jaenada qui prend régulièrement la peine de dire au lecteur, salut, c’est moi, là je me suis fait un café parce que je finis d’écrire ce chapitre tard le soir. Du coup en retour son lecteur, en tout cas, moi, se sent autorisé à prendre également de la distance.
Et une fois cette distance prise, je n’ai plus eu envie de continuer, parce que la complaisance avec Sulak, je n'y sentais pas à l'aise. Du tout.

J’espère que parmi vous il y a d'autres lecteurs de « Sulak » qui me donneront leur avis !

22 novembre 2013

Le Kit du 21ème siècle : un manuel des castors juniors postmoderne

Qu’est-ce qui est petit, rouge, et indispensable ? Non pas le petit livre rouge de Mao petits gredins, il y a un piège bien sûr ! Il s’agit du «Kit du 21ème siècle», ce nouveau manuel de culture générale de messieurs François Reynaert et Vincent Brocvielle.
Instituteurs des temps modernes, éclaireurs de nos consciences sursollicitées, ils s’en vont dans les indispensables du quotidien nous rappeler que certains apprentissages font toujours sens tandis que d’autres s’avèrent également indispensables pour survivre dans un univers hostile où un ami peut vous laisser perplexe en répondant à votre SMS par «LMFAO».
 
graphisme © vivelaroseetlelilas
 
Les deux auteurs de cet ouvrage unique en son genre proposent à leurs lecteurs de réviser les bases sans complexer : oui, un minimum de bagage historique est toujours requis pour comprendre quelque chose à notre planète, et vous êtes certains de l’avoir. Est-ce vraiment certain ? Et cette différence entre chiites et sunnites, elle vient d’un évènement, vous le savez, vous l’avez sur le bout de la langue… Reprise en main du petit livre rouge. Les bases donc, mais immédiatement corrélées à ces individus, constructions, théories, dont on entend régulièrement causer (dans le poste de télé/radio/chez sa tata) sans pour autant être sûr de les replacer dans un contexte adéquat.
 
François Reynaert et Vincent Brocvielle sont malins : en quelques phrases, ils sont capables de vous amener à l’intérêt fondamental d’un accord international en droit des brevets, ou d’utiliser une expression à la mode pour en préciser le sens sans lourdeur.

Ce manuel ne lésine pas sur les illustrations, les cartes, les petites blagues et on se sent étonnamment proches de ces professeurs qui nous font prendre un peu de hauteur, capables également avec pédagogie et humour de décrire rapidement le fonctionnement des «marchés financiers et autres joyeusetés». Et lorsque le livre s’attaque à l’instruction civique, c’est avec une belle aisance à expliquer les questions éthiques contemporaines. Il fallait oser, aussi, rassembler des considérations géopolitiques, nanotechnologiques et artistiques. Sans parler des problèmes de fuites d’eau.
«Le Kit du 21ème siècle» porte bien son nom : il est d’aujourd’hui, et il n’est qu’un kit : c’est à toi, lecteur, d’assembler tes pièces du puzzle.

En bonus, trois petits quizz permettent en fin d’ouvrage de vérifier qu'on a bien tout suivi !

«Le Kit du 21ème siècle, nouveau manuel de culture générale» de François Reynaert et Vincent Brocvielle - Le livre de poche 2013

21 novembre 2013

Les artistes ou que se passe-t-il quand un poulpe rencontre une araignée ?

Émerveillement devant un récit dénué de mots. Un petit livre bien sûr destiné avant tout aux enfants, mais dont la finesse déconcertera les grands. Comme dans la chanson, Anne-Caroline Pandolfo prononce les mots bleus, ceux qu'on dit avec les yeux : il n'y a absolument aucun texte.
Alors quel exercice fichtrement ardu : aborder le conte sans tout dire immédiatement...


 Un poulpe rencontre une araignée. Il y a deux protagonistes, une rencontre, l'observation de l'autre, la constatation de la différence. Et puis l'expression. Car malgré l'absence de mots, les deux personnages s'expriment - et comment ! Le poulpe et l'araignée ne sont pas des êtres choisis au hasard, ils produisent des substances, ce sont des créateurs - des artistes...
 
Avec tendresse,  Anne-Caroline Pandolfo parle de la différence, ce que soulignent toutes les critiques, pour ma part j'y ai également vu une métaphore de la diversité des formes artistiques.
 
Pour vos yeux de grands enfants !

« Les artistes » de Anne-Caroline Pandolfo – Éditions l’Edune 2012

Ouvrage reçu dans le cadre de «Masse Critique», opération organisée par Babelio. Je remercie également les éditions de l'Edune pour leur gentille carte !

20 novembre 2013

Zombillénium : la série toujours aussi mordante avec Control freaks !


On connaît bien Arthur de Pins pour ses dessins coquins, mais son activité est loin de se limiter à ses fripouilleries.
 
La série « Zombillénium », créée en 2010, a immédiatement connu un énorme succès : un parc d’attraction où des zombies, morts-vivants, vampires, et autres créatures démoniaques sont employés pour effrayer les visiteurs mais dépeint comme une entreprise, comme toute organisation occidentale moderne, c’est forcément amusant - si on aime l'humour noir et rire jaune, donc.
 
Et le talent d’Arthur de Pins fait vendre : les piles qui attendent les fans dans les Fnac et consorts sont impressionnantes !
Moi aussi j’ai été mordue (c’est le cas de le dire n’est-ce pas ) dès le premier tome, « Gretchen », centré sur le personnage de la gentille sorcière. Alors évidemment, le 8 novembre, j’étais au RDV pour « Control freaks » !

« Comme toutes les entreprises, le parc Zombillénium connait la crise » … Ainsi se termine la bande annonce de ce tome 3. Pression des actionnaires, critique de la politique gentiment paternaliste adoptée jusque là par Francis von Bloodt,… Aucune ressemblance avec des situations connues ne doit bien évidemment vous traverser l’esprit.
C’est avec humour qu’Arthur de Pins montre les monstres choqués par l’éviction de leur directeur historique et le parachutage d’un bien vilain jeune vampire, Jaggar, qui veut bousculer avec autoritarisme les méthodes du parc.
Les syndicalistes ne tardent pas à mobiliser leurs collègues… Et le lecteur retrouve ses personnages préférés avec un grand plaisir !
 
Entre fantastique et critique des dérives de la course à la performance financière, l’album est encore une réussite. Gageons que l’attente du prochain album va être longue !
 

15 novembre 2013

Participez à la séance très spéciale de John Harwood... Frissons délicats garantis !


Peu de temps avant Halloween, chez Pocket a paru « La séance » de John Harwood.
Inutile de le cacher : un de mes libraires préférés, l’Esperluète à Chartres, avait placé le livre en évidence sur sa belle table de nouveautés, et pan, oui c’est la couverture travaillée qui m’a évidemment tapé dans l’œil.
 
Restait à voir, ou plutôt à lire…

John Harwood fait comme feu son papa : il écrit. À la différence de son père, il ne s’est pas tourné vers la poésie mais vers la prose, versant horrifique, d’abord avec « Ghost Writer » (non traduit).
« La séance » a suivi le traditionnel parcours : succès du texte en Australie, traduction en grand format ailleurs, et enfin, sortie en poche – en l’occurrence chez Pocket.
Je ne fais pas durer davantage le suspense et je dévoile de quoi il est essentiellement question dans ce roman : de spiritisme, cet engouement incroyable à vouloir communiquer à toute force avec les morts, ou plutôt avec leur esprit.
 
 
C’est véritablement à un exercice de style que s’est livré John Harwood en écrivant à la manière victorienne une histoire de château-hanté-dans-la-brume (le manoir de Wraxford Hall), d’héroïnes tristes (la mère de Constance, Constance elle-même, Eleanor etc), et d’inquiétants personnages (le propriétaire du manoir au début du livre : Cornélius, alchimiste, son terrible neveu Magnus).
 
À la toute fin du XIXème siècle, Constance est une jeune fille perturbée. Elle tente de réconforter une mère abrutie par le deuil de son autre fille, insensible à la vie de celle qui lui reste. Constance finit par se demander si elle ne serait donc pas de ces enfants trouvés, comme ceux de l’orphelinat près de chez elle. Son père ne se soucie pas plus de son existence et finit même par abandonner pour de bon le domicile conjugal afin de pouvoir terminer ses recherches universitaires. Constance peut alors emmener sa mère à des séances de spiritisme…
 
Je dois avouer que le début du livre ne m’a pas emballée. J’ai failli abandonner autour d’une centaine de pages lues, me demandant s’il allait ou non se passer quelque chose, et guère enthousiasmée par le style. Il faut dire que je suis habituée aux « vrais » romans victoriens, comme ceux de Wilkie Collins. J’ai l’habitude que le style soit aussi « ancien » que le mobilier dont il est question, truffé d’exagérations et autres hyperboles sentimentales et cauchemardesques. J’ai pourtant fini par m’abstraire de cette écriture moderne et réussi à me replonger dans l’histoire pour ne cette fois pas en perdre le fil, me laisser emporter par l’intrigue à tel point que je n’en ai compris que tardivement les clés, alors que d’autres lecteurs ont semble-t-il bien avant moi deviné certains des secrets de Wraxford Hall. Mais je crois qu'aucun n'a pu prévoir les dernières péripéties !

J’espère qu’ « Asylum », le troisième texte du romancier, sera traduit prochainement !

14 novembre 2013

Résultat du concours Elles au 20ème siècle

Juliette Binoche, Simone Veil, Marilyn Monroe, Solitude, Marguerite Yourcenar, Simone de Beauvoir, Cate Blanchett,… Qu’ont-elles en commun, toutes ces femmes ? Elles vous inspirent, vous les filles. Parce que oui, c’est la déception de ce concours, à une exception près, seules des femmes ont participé.

Incroyable qu’il n’y ait pas davantage d’hommes qui se sentent inspirés par des femmes !
Bien que l’ouvrage s’adresse à un public féminin, ce n’est pas exclusif, il y a toujours eu des hommes investis contre le sexisme et les discriminations, engagés contre les violences faites aux femmes. Mais bref, ici, point - ou presque.

Vous avez été nombreuses à citer des actrices - des femmes capables d’incarner de nombreuses autres femmes, ce que j’ai trouvé intéressant - et des féministes historiques. Certaines m’ont parlé de leur maman/grand-mère, ça comptait aussi !
 
graphisme © vivelaroseetlelilas
 
La roulette Excel a désigné (oui parce que c’est quand même cela qui vous intéresse dans ce billet) Tatiana, qui s’est intéressée au parcours de Djemila Benhabib, une femme politique québécoise, un peu notre Jeannette Bougrab à nous.

Merci encore à tous de votre participation !
 

13 novembre 2013

Préférez les madeleines aux cerises à l'eau de vie : Attila Marcel au cinéma

C’est entendu, je crois être allée voir le seul film dont mes amis n’ont pas entendu parler dernièrement. Reste-t-il de la place pour les films sans super-héros (fut-il à l’inconscient tourmenté), sans armes et sans vaisseau spatial ?
Pourtant, le dernier long-métrage de Sylvain Chomet, «Attila Marcel», est un très bon film. En fait, à cette date de novembre à laquelle j’écris, je peux dire que c’est un des meilleurs films de cette année 2013. Mais cela n’engage que les rêveurs, les doux-dingues qui acceptent de rentrer dans l’univers de ce réalisateur pas comme les autres. Si vous avez grincé des dents devant «Les triplettes de Belleville», pleuré sur le désenchantement du monde lors de la sortie de «L’illusionniste», alors il faut aller voir «Attila Marcel». Dans le cas contraire aussi, car ce dernier est moins dur que les précédents (ou suis-je une âme sensible ?), rien que pour la fantaisie de son esthétique (disons un croisement lumineux entre les couleurs pop et régressives d’«Amélie Poulain» de Jeunet et les fantaisies de «L’écume des jours» de Gondry).

Qu’a donc choisi de nous raconter comme jolie -pardon, triste- histoire Sylvain Chomet cette fois-ci ? Celle de Paul. Paul a dépassé les trente ans, mais il vit toujours chez maman, c’est-à-dire chez ses deux mamans. Enfin, elles aimeraient bien, les deux frangines. Mais en fait, Paul n’a pas ouvert la bouche depuis le décès de ses parents, on ne peut donc pas vraiment dire que cette adoption soit une réussite. Les deux vieilles filles poursuivent leur rêve familial d’aristocrates : avoir un pianiste soliste dans l’arbre généalogique. Paul tente par conséquent, chaque année avec constance, de réussir enfin le prix du jeune soliste. En attendant, ses tantes lui font faire l’accompagnement musical de leurs leçons de danse…
Pour supporter la vie, Paul mange des chouquettes. Quand les chouquettes viennent à manquer, il écrit «chouquettes» sur le tableau noir de l’entrée du grand appartement et descend à la boulangerie. Chacun sa came. Jusque là, c’est plutôt triste.
Mais on ne fait pas un film avec cela, et rapidement, ce décor plutôt lugubre posé, il rencontre madame Proust, sa voisine du quatrième étage. Chez elle, on vient se souvenir en échange d’un billet de 50 euros… Grâce à cette adepte baba-cool du bouddhisme et de la pratique subversive du potager en appartement, Paul va découvrir le concept de la madeleine … de Proust.

 
Sur les émotions de Paul et du spectateur je n’en dirai pas davantage. Le passage du réalisateur de l’animation à la direction d’acteurs est réussi, et Guillaume Gouix épatant dans un rôle incroyable de pantomine : il prononcera simplement un seul et unique mot, à la toute fin du film...
 

«Attila Marcel» de Sylvain Chomet avec Guillaume Gouix, Anne Le Ny, Bernadette Lafont - actuellement en salles

12 novembre 2013

Les clés de la malle Vuitton confiées à onze écrivains

Vuitton a longtemps été, simplement, un malletier. Je dis cela parce que Marc Jacobs en a fait une marque de mode, chose qui devrait continuer sous la houlette de Nicolas Ghesquière, récemment désigné pour lui succéder. Bref, un malletier. Qui conçoit et réalise donc des malles - certes, de légende. Jusque là, rien d’extraordinaire, un malletier qui conçoit des malles.
 
En fait, si, parce que ce qui nous concerne ici sur un blog culture, c’est que Gaston-Louis Vuitton, qui fut certainement un curieux personnage, a durant sa vie fait œuvre de collectionneur d’informations concernant son idée fixe : les malles, oui - forcément. Il rassembla, à la manière d’un documentaliste avisé, coupures de presse, anecdotes, relations avec les clients les plus extravagants… À la façon d’un documentaliste consciencieux aussi, parce que Gaston-Louis n’oubliait pas de noter noms des journaux, dates de publication et de ranger par thème : malles égarées, malles sanglantes - faut-il être passionné !
 
photo © vivelaroseetlelilas
 
Tout ceci est actuellement conservé dans les archives de la maison de luxe à Asnières. Et des archives qui dorment, c’est tout de même dommage. Pour s’en saisir, Vuitton a eu la très bonne idée d’inviter onze écrivains fort différents à s’inspirer d’un de ces témoignages pour écrire leur propre histoire de malle.
Sur le principe, j’ai trouvé que c’était là une très bonne idée : il y a toujours quelque chose de passionnant à voir comment des sensibilités artistiques fort différentes les unes des autres traitent un exercice de style.
Et c’est une grande réussite, pour cette raison-même, et puis aussi parce que, comme moi, vous serez peut-être surpris d’apprécier plus que de coutume des écrivains que vous aimez à l’ordinaire modérément - et inversement, c’est la force de ce que peut révéler la commande : un changement dans le mode opératoire de l’écrivain. Il y a aussi ceux que vous n’aimez pas, et qu’ils narrent une histoire de malle ou une autre de leur totale pure invention n’y changera évidemment rien.

Pour ma part, je dois avouer avoir été ravie comme une enfant par deux contributions : celle de David Foenkinos, qui choisit de mettre en scène le célèbre magicien Houdini, défié par Georges Vuitton à la Belle époque, et celle de Yann Moix, échange épistolaire hilarant entre Georges-Gaston Vuitton et Monsieur Prince, qui tente de lui extorquer des malles à l’oeil, pour satisfaire son patron - qui n’est autre que Sacha Guitry.
La nouvelle de Virginie Despentes m’a évidemment plu, même si je n’ai guère été étonnée de la trouver au rayon des malles sanglantes - j’aurais aimé qu’elle choisisse autre chose, mais sans doute valait-il mieux qu’elle reste sur les terrains terribles sur lesquels elle excelle.

Quelques déceptions, incarnées par un teddy bear terriblement prévisible d’Éliette Abécassis, et une Sophie Joconde de Patrick Eudeline que j’ai trouvé un peu ampoulée.

Prenant racine dans des archives que l’on devine incroyablement fournies, mais s’en détachant pour proposer des textes de tout genre, la palette des récits de nos contemporains réécrivant l’histoire de Vuitton par un petit bout de serrure de malle surprend et amuse - quand elle n'effraie pas...

Le livre lui-même est disponible sous deux formats : une édition de luxe reliée cuir, par laquelle je me suis laissée tenter, et une édition classique, chez Gallimard.
Malle bibliothèque de table en toile à écurie rouge vers 1920